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Dolce & Gabbana Alta Sartoria, retour aux fastes étourdissants de la Renaissance


Un vestiaire masculin à la pointe du raffinement, voilà comment on pourrait résumer la dernière collection “Alta Sartoria” de Dolce & Gabbana, dévoilée en grande pompe au Palazzo Vecchio, l’hôtel de ville de Florence, mercredi soir.

Dolce & Gabbana – Alta Sartoria – Florence – Photo : Dolce & Gabbana – Foto:Dolce & Gabbana

Le défilé-spectacle, introduit par le jeune maire Dario Nardella, qui a ensuite symboliquement remis les clés de sa ville à l’actrice Monica Bellucci, comportait pas moins de 100 passages. Il s’agissait du premier véritable show d’une grande maison de mode depuis le début de la crise sanitaire, au printemps dernier.

L’événement avait lieu sous les ors du Salone dei Cinquecento, l’immense salle du Conseil décorée de gigantesques fresques du peintre Giorgio Vasari, le premier à avoir utilisé le terme “Renaissance” dans un ouvrage publié.

Le défilé s’est ouvert avec plusieurs chemises médiévales ornées de la fleur de lys rouge — ou giglio — adoptée par les Médicis comme emblème de la ville, et que les Florentins arborent depuis au combat, et ce dès la première croisade. Puis un beau jeune homme a arpenté fièrement le podium, vêtu d’une étonnante redingote de guerrier bleu céruléen agrémentée d’un giglio en plumes écarlates, une création de Duccio Mazzanti, dont la maison est spécialisée dans ce savoir-faire depuis trois générations. Ce dernier fait d’ailleurs partie des 35 artisans locaux qui ont contribué à la série d’événements orchestrés sur trois jours par Dolce & Gabbana, qui s’est ouverte sur une exposition de haute joaillerie et s’achèvera jeudi soir sur un défilé “Alta Moda” dans une villa au sommet d’une colline.

Dolce & Gabbana – Alta Sartoria – Florence – Photo : Dolce & Gabbana – Foto: Dolce & Gabbana

 
Tout au long de la collection, Domenico Dolce et Stefano Gabbana ont multiplié les références aux grands maîtres de la Renaissance — Michel-Ange, Leonardo, Ghirlandaio et Botticelli —, en reprenant à leur compte les idées humanistes de cette époque, où l’homme remplaçait Dieu au centre de l’univers, pour créer des tenues d’une extraordinaire grandeur. Clou du spectacle : des robes ducales en vison, brodées de passements et de motifs dorés, qui n’auraient pas déplu à Cosimo de Médicis, tant elles rappelaient les portraits des souverains de Florence, comme ceux de Salviati. Des portraits de Laurent le Magnifique et de Jean des Bandes Noires, le plus grand condottiere de l’époque, apparaissaient même sur des tuniques en brocart d’or.

Le duo créatif a aussi choisi de reproduire l’image d’un guerrier au milieu des épées, des lances et des clairons, tirée d’une fresque de Vasari représentant la bataille de Marciano, sur une mémorable robe de chambre en jacquard brodée, munie de revers en astrakan.

Les couleurs vives des fresques semblaient s’être invitées sur une série de costumes diablement bien coupés, composés de vestes à double boutonnage aiguisées comme des rasoirs et de pantalons à la cheville aux finitions élégantes.

La collection aurait pu facilement basculer dans le cliché, mais le soin apporté aux finitions était si spectaculaire, la palette de couleurs si intense et le sentiment de fête si électrisant… Bref, Dolce & Gabbana nous ont offert un vestiaire masculin d’un raffinement extrême, qui pourrait rivaliser avec les collections de Haute Couture imaginées pour les femmes les plus riches du monde.

Dolce & Gabbana – Alta Sartoria – Florence – Photo : Dolce & Gabbana – Foto: Dolce & Gabbana

“Passer tout ce temps ici, aux côtés des artisans locaux, m’a fait réfléchir : j’ai réalisé que notre rôle, à nous les Italiens, est de combiner des idées anciennes et contemporaines pour créer de la beauté à destination du monde entier”, expliquait Domenico Dolce au cours d’une conférence de presse donnée avant le défilé, dans un ancien cloître de la ville, suscitant une salve d’applaudissements enthousiastes de la part des journalistes présents, un centaine de personnes, italiennes pour la plupart.

Il y a cinq siècles, Léonard de Vinci avait expérimenté une nouvelle méthode pour faire sécher plus vite l’une de ses fresques dans le Salone dei Cinquecento : l’artiste-ingénieur avait accroché au mur des braseros de charbon chaud, qui n’avaient réussi qu’à faire fondre la peinture, créant une flaque de couleurs sur le sol. Mais dans le défilé de Dolce & Gabbana, tout fonctionnait parfaitement. Jusqu’aux mystérieuses inscriptions sur plusieurs smokings, comme “Cerca Trova”, qui signifie “cherche et trouve”, une référence au mythe qui prétend que les restes de la fresque endommagée de Léonard sont toujours cachés derrière l’œuvre ultérieure de Vasari.

Après le défilé, les invités ont eu droit à un spectacle impressionnant de tamburini et sbandieratori — des joueurs de tambour et des agitateurs de drapeau en costumes traditionnels qui défilaient au son des percussions, sous le regard de centaines de personnes amassées de l’autre côté de la Piazza della Signoria.

Par une malicieuse ironie de l’Histoire, c’est à cet emplacement que l’austère moine dominicain Jérôme Savonarole, qui a régné sur Florence pendant quatre ans, a organisé son “bûcher des vanités”, détruisant pêle-mêle des œuvres de Botticelli, des tapisseries, des miroirs, des produits cosmétiques et des sculptures, avant d’y être lui-même pendu puis brûlé, en 1498.

S’il avait échappé à l’Inquisition, Savonarole aurait certainement été consterné par la glorieuse démesure de cette collection Alta Sartoria, son faste et son opulence extrêmes. Une déclaration de mode à part entière, qui suggère un avenir plus optimiste au bout du tunnel…

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