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London Fashion Week, jour 4 : bravo Lulu Kennedy


Dimanche, la saison londonienne nous a laissé un goût de déjà-vu : un grand nombre de marques se sont contentées de reconditionner des collections déjà dévoilées en janvier ou février dernier, en les transposant pour la plupart dans des présentations numériques. Mais le résultat était parfois impressionnant, comme chez Palmer Harding ou Liam Hodges — et on a atteint hier le point culminant de la Fashion Week de Londres avec la dernière édition de Fashion East, le défilé commun de talents émergents orchestré par Lulu Kennedy, qui a célébré son 20e anniversaire avec un quatuor du meilleur cru.

Maximilian – Printemps-Été 2021 – Prêt-à-porter féminin – London – Photo : Maximilian

  
Jamais la réputation de Londres en tant que premier incubateur mondial de talents de mode n’a été aussi justifiée. Post-confinement, la capitale britannique semble s’être transformée en véritable couveuse de marques émergentes, sans doute grâce à l’influence de l’extraordinaire Lulu Kennedy, une chasseuse de (nouvelles) têtes hors pair.

Fashion East
Un flot d’idées et d’énergie, d’esprit et de vigueur : on pourrait résumer ainsi le défilé collectif de jeunes espoirs réunis par Lulu Kennedy. Du tailleur streetwear ultra pointu, des silhouettes pleines de style, des corps sublimés chez Maximilian Davis, un ancien membre de l’équipe de Wales Bonner. Un talent brut.

Ou encore le label sud-coréen Goomheo — à mi-chemin entre les danseurs traditionnels anglais et les travestis du Satyricon, filmés en contre-plongée. Mieux encore, la créatrice d’origine albanaise Nensi Dojaka et ses nuisettes transparentes, incrustées sur des vues crépusculaires accélérées de Londres, Paris et Tokyo. Mais le clou du spectacle était probablement Saul Nash et sa vidéo “Luas Flipside” — un vestiaire sportif et technique taillé pour la vie urbaine, filmé en plans-séquences au bord d’une falaise surplombant la Manche. On ne serait pas étonné qu’Adidas ou Nike recrutent le créateur sous peu.

“Quand je reviens sur ces vingt années de soutien aux meilleurs créateurs londoniens, c’est fou ! Je suis incroyablement reconnaissante d’avoir pu mettre ma passion à leur service. Je ne changerais rien, même si j’en avais l’occasion”, se félicite Lulu Kennedy, qui peut être fière de sa contribution unique au secteur de la mode britannique.

Fashion East – Printemps-Été 2021 – Londres

 
Le regroupement familial vu par Palmer Harding
Cette saison, Palmer Harding mise tout sur l’idée de famille. Les deux designers à la tête de la marque, Matthew Harding et Levi Palmer, se sont concentrés sur leurs clans étendus, en photographiant encore et encore leur collection d’hiver — agrémentée de modèles exclusifs et encore inédits — sur des membres de leurs familles, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Au Royaume-Uni, ce sont plusieurs générations de femmes Harding qui ont posé pour la présentation — et aux États-Unis, c’est le clan de Levi Palmer qui s’est prêté au jeu, jusqu’à la mère du créateur, Nancy, filmée dans sa ville natale de Westphalia au Texas, et son icône Jan, dans le centre-ville de Dallas. Cette dernière, qui se décrit comme “la marraine-fée de la mode de Levi”, est vêtue d’un somptueux manteau violet, errant parmi des statues fantastiques, grandeur nature, de bisons texans. Un univers charmant, intelligent et idéalisé. 

 
Le discours concis de Per Götesson
Une vidéo muette, centrée sur un homme chauve, le plus souvent déshabillé, portant parfois une mini robe crochetée, la tête souvent couverte de cristaux. Des collages graphiques qui évoquent le constructivisme russe, avant le slogan final : “We have worked hard all our lives and now we have all these beautiful things.” (“Nous avons travaillé dur toute notre vie et maintenant nous avons toutes ces belles choses.”). Même dans le cadre de cette saison particulière, composée de mini-déclarations de mode, la proposition du créateur suédois nous a paru bien trop modeste.
 

Emilio de la Morena – Printemps-Été 2020 – Londres

La méditation d’Emilio de la Morena sur le confinement
Emilio de la Morena a présenté une de ces vidéos qui nous font regretter l’atmosphère habituellement étourdissante de Londres. Intitulée “5 Troubles”, elle mettait en lumière six personnages dansant et gesticulant dans des passages souterrains couverts de graffitis, des immeubles de logements sociaux ou des parcs urbains. Les vêtements ? Comme une sorte d’arrière-pensée de sportswear monochrome. Pas vraiment une nouvelle vision de la mode, mais le discours de la marque était génial.

 
Ciao Bello, par Liam Hodges
Le designer ne s’est pas donné la peine de présenter une nouvelle collection — il s’est contenté de reconditionner sa dernière collection, intitulée “Brave New World”, en la rebaptisant “Ciao Bello”. Sa vidéo de présentation débordait de victuailles italiennes, pizza, tortellinis au pesto, et de toutes sortes de gens passablement ivres. Des images tournées au sommet d’un immeuble à Milan, puis dans la galerie Artifact — des sweatshirts attachés à des sculptures de Joseph Beuys. Finalement, ces vêtements taillés pour des oiseaux de nuit avaient quelque chose de particulièrement accrocheur dans ce nouveau contexte, même si on les avait déjà vus.

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