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Notre Top 20 des défilés d’octobre 2020


Cette saison a été sans conteste la plus étrange qu’ait connu la mode ces cinquante dernières années, avec des créateurs occupés à se demander à quoi peut bien servir leur profession, en pleine pandémie. À Paris, les Français appellent ça « une remise en question ». Et les directeurs artistiques des marques géantes comme des start-ups débutantes ont souvent réagit en revenant sur leur jeunesse, et sur ce qui leur a donné l’envie de se lancer dans la création.
 
Présentées sur Internet, lors de sessions privées, via des vidéos filmées au préalable ou à l’occasion de véritables défilés en live au sens traditionnel du terme, voici les 20 meilleures collections de mode du mois, selon FashionNetwork.com
 

Christian Dior – Spring-Summer 2021 – Womenswear – Paris – © PixelFormula

Christian Dior : mode féministe dans une cathédrale
On avait presque envie de s’agenouiller en découvrant le décor du défilé Christian Dior, où la directrice de la création Maria Grazia Chiuri a dévoilé son tout nouvel opus de mode féministe, sous un chapiteau arrangé comme une cathédrale arty au Jardin des Tuileries. La collection était inspirée par sa rencontre avec Lucia Marcucci, et par le projet « Vetrata di poesia visiva » de cette artiste. Une mode féministe et élégante, à la fois intime et ultra vivante, pour cette nouvelle démonstration de la part de Maria Grazia Chiuri.
 
 
Koché: Résistance cool dans un parc parisien

Personne ne peut rivaliser avec Christelle Kocher, quand il s’agit de mêler le sportswear et la couture urbaine à la française. Créatrice de tendances indé et femme de spectacle aguerrie, elle a présenté son défilé live aux Buttes Chaumont, un fantastique parc parisien doté de falaises abruptes et de kiosques pleins de charme. Combinaisons rayées comme des maillots d’équipes de foot, négligés en denim, soutiens-gorges de sport et boxers garnis de dentelle, et de merveilleuses robes du soir à capuche en jacquard motif cachemire.
 
« Pourquoi je fais un défilé de mode ? Eh bien… c’est une question de résistance… Une façon de rester en vie », répondait Christelle Kocher, résumant cette fameuse remise en question.

Coperni: Élégance fuselée à la Tour Montparnasse
Le duo français Coperni a imaginé une excellente collection pour la saison, présentée sous une pluie battante au dernier étage de la Tour Montparnasse. C’est Edie Campbell qui ouvrait le bal, en ensemble tout blanc composé d’un micro-blouson d’aviateur et de jodhpurs stretch. Des robes du soir sculpturales, des tailleurs aux lignes pures et architecturales, et de formidables chemises dévoilant une épaule. Et un ensemble turquoise épatant – avec des leggings, un coupe-vent zippé et un tchador assorti : un style cool pour les Jeux Olympiques.
 

Simone Rocha – Spring-Summer2021 – Womenswear – Londres

Simone Rocha: Jane Austen rencontre Catherine de Médicis
Jane Austen rencontrait Catherine de Médicis dans la plus spectaculaire collection de Londres : un sommet de romantisme éthéré de la part de Simone Rocha, au meilleur de sa forme. Le défilé partagé en live sur les réseaux sociaux était organisé dans une galerie de Mayfair, et s’est ouvert sur de divines robes de bal, coupées de façon à envelopper les épaules dans des nuages de taffetas ou de soie cloquée. La palette de couleur, décrite par Simone Rocha comme « ambre, or et myrrhe », renforçait l’atmosphère sacrée.
 
Akris: minimalisme phosphorescent
Akris a choisi une approche innovante cette saison, sans défilé live à Paris ni vidéos de vêtements au sens traditionnel. Le créateur Albert Kriemler a choisi plutôt de s’associer au formidable artiste abstrait minimaliste allemand, Imi Knoebel, et a immortalisé cette collaboration dans un film réalisé par Anton Cordbjin. Il s’est inspiré des tableaux de la fin des années 1990 d’Imi Knoebel pour des sacs cabas en cuir, de fantastiques robes tuniques, des tailleurs-pantalon en dentelle phosphorescente et des trenchs, présentés devant les sculptures de l’artiste, dernière trouvaille en date de la mode moderniste ennoblie proposée par Akris.
 

Erdem – Spring-Summer 2021 – Womenswear – Londres – © PixelFormula

Erdem et Emma
Défilé vidéo envoûtant entre les rangées d’arbres d’un parc, évocation du triangle amoureux du XVIIIème siècle entre Emma Hamilton, son mari et Horatio Nelson. Emma, qui appartenait à la cour des Bourbons à Naples, arbore des robes taille haute de style Directoire, une silhouette de déesse grecque et de simples chemises légères jetées sur l’épaule. Les cheveux lâches, des perles aux oreilles, des rubans flottant sur de nombreux cols et revers, des nœuds saillants : voici le dernier exemple en date de l’historicisme plein d’élégance d’Erdem Moralioglu.

Molly Goddard: Fun « phygital »
Molly a présenté un défilé « phygital » (contraction entre physique et digital, pour numérique) présentant une collection succincte et sexy, mettant en scène des filles qui arpentaient un podium tout blanc de galerie d’art. Elle enveloppe les femme de kilomètres de tissus froncés, plissés et volantés, mais elles sont toujours séduisantes, jamais guindées. Ses vêtements sont faits pour attirer l’œil sur Instagram mais restent toujours cools, de ces robes rose babydoll à ces tabliers portés sur des pantalons baggy, en passant par les splendides femmes fatales façon rockeuses de l’ère victorienne.
 
Marrknull invente une noblesse pointue
Une carrière venteuse, arpentée par des dizaines de jeunes filles asiatiques, cheveux au vent sur la crête. Qui ont toutes l’air d’avoir passé la nuit à faire la fête. Des corsages asymétriques volumineux, des robes du soir en cuir verni ciré, des pantalons « darling » déstructurés, pour une collection aux coupes inventives. Cette marque de prêt-à-porter unisexe originaire de Pékin, fondée par Wang Wei et Tim Shi, réinvente le vêtement traditionnel chinois avec une grâce débraillée et déstructurée.
 
Marni: imaginaire artisanal
Francesco Risso a organisé un show conceptuel live qui ne fonctionnait pas vraiment. Il avait filmé toute une bande de copains dans un bonne douzaine de villes, en train de poser dans une suite de lieux bizarrement choisis. En revanche, la collection elle-même était assez magique. D’intenses imprimés expressionnistes abstraits ; des bandes floues, des graphismes à l’audace magistrale et des textes en graffitis hippie-chic – le tout utilisé dans des trenchs, des manteaux géants, des robes du soir asymétriques et des tops sportifs portés à l’envers.
 
Versace: Sea, sex and sun

La mer, le vent et la tempête en bande sonore, dans un décor qui convoquait la Pompéi antique à Milan : statues d’Hercule et d’empereurs autoritaires, têtes de Méduse d’un mètre de large, chapiteaux corinthiens effondrés et à peine une centaine de spectateurs juchés sur des mini colonnes cannelées.
 
Des filles en pantalons fendus le long de la taille, des blazers félins avec des broches étoile de mer en cristal, de superbes corsages imagés, des jupes au graphisme d’ordinateur rétro taillées juste sous le genou. Des garçons en costume nets et précis avec des vestes oversized, tops en matière technique à imprimé cravate, pantalons pattes d’eph à fines rayures, et d’autres façon paravent de plage multicolore. Le tout s’est achevé sur d’excellentes pièces pour les soirées clubbing, avec un super nouvel imprimé plage et coquillage Versace, décliné sur des leggings, des blousons bombers minimalistes, des shorts et joggings de rappeurs, sans parler de ces micro-soutiens-gorges coquins en cristaux. Un nouveau style sportif pour les gens fabuleux et bien faits.
 

Yohji Yamamoto – Spring-Summer 2021 – Womenswear – Paris – © PixelFormula

Yohji Yamamoto: Un drapé digne du diable
Ceux qui voulaient assister à une pure démonstration de mode créative se sont rendus au dernier défilé de Yohji Yamamoto. À cause de la pandémie, il n’y avait en fin de compte qu’un seul authentique show sur podiums, par ce vendredi humide de la Fashion Week parisienne. Yohji Yamamoto s’est assuré qu’il soit exceptionnel, présenté avec élégance sous les ors de l’immense salle des fêtes de l’Hôtel de Ville de Paris. Bien peu de gens au monde sont capables de draper comme Yamamoto, qui a enveloppé, sculpté et attaché des pans de soie et de laine fine autour des corps de ses mannequins à l’allure angélique.
 
Emporio Armani: Bâtir des ponts
Giorgio Armani a esquivé toute présentation physique pendant la Fashion Week de Milan, mais sa démonstration en vidéo pour Emporio Armani contenait tout ce qu’il faut d’énergie. Intitulée « Building Dialogues » (« Construire le dialogue », elle a été filmée dans son QG milanais, une ancienne usine de chocolat Nestlé réinventée par l’architecte Tadao Ando, et dans son espace d’exposition, Armani/Silos.
 
La fameuse palette anti-couleurs de Giorgio, craie, mastic, pierre et terre pâle, n’a jamais eu aussi fière allure, ainsi présentée dans le décor à l’élégance austère de ces bâtiments de style rationaliste. L’été prochain, Armani veut voir les filles en vestes et blousons de cuir brut à imprimé Holstein noir et blanc, tailleurs à rayures tennis noir et grises à la coupe parfaite, robes bain de soleil estivales et tailleurs pantalon masculins profondément décolletés – extraits de l’une de ses plus courageuses collections Emporio.
 
Dries Van Noten: agile comme Len Lye
Comme pour la saison estivale de prêt-à-porter masculin, le créateur belge a présenté une courte vidéo. Fort heureusement, elle était pleine de punch. Intitulée « Vidéo » et réalisée par Viviane Sassen, elle montrait des tops façon derviches tourneurs dans un studio d’Amsterdam arrangé comme un club pour hipsters, avec des projections de lumière. Dries Van Noten évoque les robes de garçonne, les looks carrés d’officiers coloniaux et les tenues d’escrime délicieusement brillantes. Pour les garçons, des shorts de rando avec des tonnes de tags métalliques, et des hauts résille près du corps en matières techniques. Il a travaillé en partenariat avec la fondation de l’artiste et réalisateur néo-zélandais Len Lye, qui aimait expérimenter avec les teintures, les pochoirs, la peinture au pistolet, les feutres et même les instruments chirurgicaux. Le créateur a ainsi développé une gamme hypnotisante de nouvelles teintes psychédéliques et de taches colorées – à la croisée entre coupes innovantes et intelligentes et son talent de maître des imprimés.
 
Hermès: la qualité à la cime d’une montagne
Célébration puriste de l’amour français du spectacle chez Hermès, pour le défilé le plus habilement mis en scène du calendrier international. Il se découvrait au sein du Tennis Club de Paris, réinventé en montagne, avec des arêtes et des crêtes. La réaction de la créatrice Nadège Vanhee-Cybulski à la pandémie, c’était l’ultra qualité, exprimé par des ornements limités et un style sans chichis : blazers masculins idéaux, vestes de pêche sans manches minimalistes, ou encore jupes taille basse en cuir si lisse qu’elles semblaient faites d’acier. Des manteaux cache-poussière raffinés, des robes nouées sur le côté ou encore de super blousons en cachemire double-face, qui ne demandaient qu’à être caressés.
 
 
Acne: Turrell dans les tourelles du Grand Palais
Je n’aurais jamais pensé écrire un jour qu’Acne figure dans les 20 plus beaux shows de la planète. Mais la dernière collection de Jonny Johansson pour la marque suédoise fera incontestablement date. L’idée principale, c’était la manière dont la lumière joue sur les vêtements et les cultures, en écho au travail de James Turrell. Jonny Johansson a développé une collection intrigante de vêtements de cérémonie : des corsages portefeuille avec des manches dépassant les doigts de quinze bon centimètres, de merveilleux tricots torsadés aux manches géantes de Jésuites, des blazers masculins oversized en coton froissé écru – le tout nimbé d’une lumière douce d’ambiance. La collection était présentée aux rédacteurs et gens influents par groupes de 30, dans trois fausses galeries d’art illuminées par des éclairages de cinéma.
 

Balmain – Spring-Summer 2021 – Womenswear – Paris – © PixelFormula

Balmain: Logomania pour premier rang virtuel
J.Lo, Penelope Cruz et toute une bande de rédacteurs de mode ont fait une apparition à Paris cette saison – même si elle était virtuelle – pour le nouveau défilé Balmain. Chacun sur son propre écran géant, les montrant en train d’assister au défilé depuis le confort de leur domicile ou de leur bureau – de Pékin et Milan à Londres ou New York. Ce qui leur a permis, ainsi qu’à nombre de leurs chiens, de découvrir la vision inondée de logos d’Olivier Rousteing pour Balmain. Déclaration de mode puissante de la part du créateur, dont un look sur deux comportait le logo historique décliné en imprimé dense.  

Paco Rabanne est à nouveau pertinent
Le créateur Julien Dossena a présenté une série de mini défilés à l’Espace Commines, dans le Marais, réaménagé en forme de grand cylindre argenté. La bande sonore, peu importe ce que c’était, ne cessait d’être interrompue par les aboiements de chiens, les klaxons de voitures, les sirènes de police et les cris des photographes de rue à l’extérieur. Des robes combinaison argentées complétées par des corsets et des bandes de peau de léopard par-dessous. De superbes négligés rose et des mini-redingotes boutonnées, ou des vestes sans manches de hussard de l’ère spatiale. En un mot, Julien Dossena a ranimé une marque considérée comme une relique rétro.
 
 
Miu Miu: Relooking à l’italienne pour médaillées d’or olympiques
Après avoir montré sa collection Prada, la première qu’elle a conçue avec Raf Simons,  à Milan, Miuccia Prada a dévoilé Miu Miu 12 jours plus tard, à Paris. Les deux collections étaient présentées sur Internet ainsi que dans plusieurs villes, à des groupes de fashionistas triés sur le volet lors de déjeuners chics. Inévitablement, la question se posait : Miuccia produirait-elle une meilleure collection en travaillant seule, ou avec Raf ? Si on ne tient compte que de cette saison, c’est Miu Miu, sans conteste : le top de l’élégance sexy et sportive. Joggings, blousons ajustés, mini-jupes, shorts fuselés et bodys étaient au cœur de la collection. Un relooking glamour à l’italienne pour championnes olympiques d’Allemagne de l’est.

Maison Margiela: Tango Parisien
L’inspiration de Galliano : un voyage dans le quartier de Buenos Aires de La Boca, et la découverte de son premier bar à tango. Dans une vidéo de Nick Knight, le couturier anglais se remémore « un garage délabré avec des chats sauvages qui couraient partout au clair de lune, dans ce club privé de tango. Avant qu’un octogénaire ne se mette à danser ». Les vêtements eux-mêmes étaient des tailleurs amples dans le style argentin, des trenchs matelassés, des pulls portés sous des bretelles et des pantalons à doublure rayée. Des femmes en robe évasée de soie rouge sang, idéales pour danser, et des vestes déstructurées et trenchs à découpes. Cette œuvre d’une durée de 44 minutes se terminait en banquet de mariage orgiaque, sous une pluie battante. Folâtre et pleine d’enthousiasme, quoique s’écoutant un peu beaucoup, c’était tout de même une vidéo remarquable et une collection puissante.

 
Louis Vuitton
Brouillage des genres chez Nicolas Ghesquière pour Louis Vuitton, qui a développé un jargon audacieux pour aborder la lente disparition des distinctions entre hommes et femmes. Et le créateur affichait clairement ses opinions. Sa première top portait un ample sweat blanc avec une inscription en graffiti qui disait « Vote ». D’autres comportaient des graphismes urbains explosifs affichant « Drive », « Hooks » ou « Dunce » dans des couleurs machos de voitures de course. Des idées pleines de punch déclinées sur des robes du soir ajustées sous de formidables trenchs volumineux d’héroïnes de films d’espionnage, de fantastiques robes-manteaux masculines taille basse, et les meilleurs pantalons qu’on ait vu de la saison : pour hommes, en version bouffante ruchée, portée avec un veston d’officier.
 

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