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Yohji Yamamoto : l’art du drapé ritualisé à l’Hôtel de Ville


Avis à tous les puristes de la création de mode : ruez-vous sur la vidéo de la dernière collection de Yohji Yamamoto, le seul designer à avoir organisé un défilé physique vendredi, au cours de cette Fashion Week un peu particulière pour cause de pandémie. Et quel défilé…

Yohji Yamamoto – Printemps-Été 2021 – Prêt-à-porter féminin – Paris – © PixelFormula

Traversée par une énergie ultra avant-gardiste, la présentation avait lieu par une soirée humide, sous les ors de la Salle des fêtes de l’Hôtel de Ville de Paris, un gigantesque et opulent décor qui tranchait avec la collection elle-même, assemblage radical de tissus noirs et blancs.

Dans le monde de la mode, rares sont ceux qui maîtrisent l’art du drapé comme Yohji Yamamoto : ses candides mannequins étaient enveloppés de sculptures de soie et de laine fine, avant une accélération finale impressionnante, structurée par des cintres et des crinolines en fil de fer qui faisaient presque exploser les tissus autour des corps. 

Pourtant, l’agenda de Yohji Yamamoto a rarement été aussi chargé : selon certaines rumeurs, la marque prépare plusieurs collaborations, avec des labels aussi variés que Hublot, Supreme ou Lamborghini.

“Peut-être que le problème, c’est que je suis devenu trop célèbre”, s’amuse le très discret créateur.

Yohji Yamamoto préfère faire parler son travail — des robes-manteaux parfaitement mises au point, coupées selon une ligne décontractée dont semblait raffoler les mannequins. Des robes de stars du cinéma indépendant, qui feraient tourner les têtes partout sur la planète. Les techniques utilisées sont audacieuses — des tissus en forme de cactus, de feuilles déchiquetées ou de tentacules. Le créateur a imaginé une robe en laine sèche, qui ressemblait à un pantalon de gentleman quand on la voyait arriver, puis à un boléro allongé dans le dos. Les coiffures complexes, entremêlées de plumes de coq noires — chefs-d’oeuvre du coiffeur Eugène Souleiman — ajoutaient à l’impression de rituel exotique qui infusait le défilé.

Yohji Yamamoto – Printemps-Été 2021 – Prêt-à-porter féminin – Paris

“Je ne suis pas vraiment un artiste. À mon avis, les artistes ne devraient pas se mêler de politique. Pour cette collection, je voulais me placer du côté des humains, même si les êtres humains ne sont pas toujours bons”, confie Yohji Yamamoto, dont le style “protecteur”, qui consiste à emmailloter les femmes dans de généreuses bandes de tissu, semble pourtant tout à fait adapté à notre époque troublée.

Quand on demande au créateur de 76 ans s’il a hésité à prendre un vol de 11 heures depuis son siège à Tokyo pour présenter sa collection à Paris : “Non, pas vraiment. Dès que j’ai su qu’il y aurait une saison à Paris, j’ai dit : allez, on y va !”

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